
L’infrastructure routière représente bien plus qu’un simple axe de circulation : elle constitue un véritable catalyseur économique capable de transformer profondément le tissu social et professionnel d’un territoire. La Route des Tamarins, inaugurée en 2009 à La Réunion après six années de travaux titanesques, illustre parfaitement cette dynamique. Avec ses 34 kilomètres reliant Saint-Paul à l’Étang-Salé, cet ouvrage d’art exceptionnel a généré une vague de créations d’emplois sans précédent dans le département. Au-delà des 1500 emplois directs comptabilisés pendant la phase de construction, l’impact sur le marché du travail réunionnais s’est révélé bien plus vaste et durable. Comment cette infrastructure majeure a-t-elle bouleversé l’économie locale et quels secteurs professionnels ont bénéficié de son développement ?
Genèse du projet route des tamarins : impact socio-économique sur l’emploi réunionnais
Le projet de la Route des Tamarins émergea dans un contexte de saturation chronique de la route du littoral, unique artère reliant les principales villes de l’île. Les embouteillages quotidiens paralysaient l’économie réunionnaise et limitaient considérablement les possibilités de développement territorial. La décision de construire cet axe routier à mi-hauteur, traversant trois milieux naturels distincts, s’inscrivait dans une vision stratégique d’aménagement du territoire visant à désenclaver l’ouest de l’île.
Dès l’annonce du projet en 2003, les acteurs économiques réunionnais ont perçu l’ampleur des retombées potentielles sur l’emploi. Les collectivités territoriales, en partenariat avec la Chambre des Métiers, l’IUT de Génie Civil et la Direction Départementale de l’Équipement, ont anticipé les besoins en main-d’œuvre qualifiée. Cette anticipation stratégique a permis de maximiser l’impact positif du chantier sur le marché du travail local, en privilégiant le recrutement de professionnels réunionnais et en développant des programmes de formation adaptés.
L’investissement colossal consenti pour cette infrastructure – le plus important du XXIème siècle à La Réunion – témoignait d’une ambition politique forte : transformer radicalement la géographie économique de l’île. Les prévisions tablaient sur un effet multiplicateur où chaque emploi créé directement sur le chantier générerait plusieurs postes indirects dans les secteurs connexes. Cette vision s’est révélée particulièrement juste, puisque l’impact sur l’emploi a largement dépassé les estimations initiales, irrigant progressivement l’ensemble du tissu économique réunionnais.
Création d’emplois directs pendant la phase de construction du viaduc
La phase de construction de la Route des Tamarins, s’étalant de 2003 à 2009, a constitué une période faste pour l’emploi dans le secteur du bâtiment et des travaux publics réunionnais. Les 1500 emplois directs créés pendant cette période ont mobilisé des compétences variées, allant de l’ouvrier non qualifié au chef de projet expérimenté. Cette mobilisation massive de main-d’œuvre a permis de réduire significativement le taux de chômage dans les communes avoisinantes.
Mobilisation de la main-d’œuvre BTP : chiffres et entreprises impliquées
Le secteur du BTP réunionnais a connu une véritable
montée en puissance, avec l’intervention d’une multitude d’entreprises locales et nationales spécialisées dans les grands travaux. Au plus fort du chantier, plusieurs centaines d’ouvriers étaient présents simultanément sur les différents tronçons : terrassements, ouvrages d’art, viaducs, tunnels et aménagements paysagers. De grands groupes de BTP métropolitains se sont associés à des PME réunionnaises, favorisant les sous-traitances locales et la montée en compétence des structures déjà implantées sur l’île. Cette synergie a permis de consolider le tissu économique du BTP réunionnais tout en faisant émerger de nouveaux acteurs capables de répondre à des projets d’envergure similaire.
Les chiffres parlent d’eux‑mêmes : sur les quelque 1500 emplois directs, une part significative a été occupée par des Réunionnais, grâce aux clauses d’insertion et aux partenariats avec les organismes de formation. Des contrats à durée déterminée, des missions intérimaires mais aussi des CDI ont été proposés, notamment pour les postes à forte technicité. Pour de nombreuses personnes en reconversion ou issues de quartiers prioritaires, la Route des Tamarins a représenté une véritable opportunité d’accéder à un premier emploi stable dans le secteur des travaux publics. On peut dire que ce chantier a joué le rôle de “locomotive” pour tout l’écosystème BTP de l’île.
Recrutement d’ingénieurs en génie civil et techniciens spécialisés
Parallèlement aux ouvriers, la construction de la Route des Tamarins a nécessité le recrutement d’un grand nombre d’ingénieurs en génie civil, de techniciens géomètres, de projeteurs et de spécialistes des ouvrages d’art. La complexité du tracé, les contraintes géologiques et climatiques, ainsi que la volonté de préserver les milieux naturels traversés ont exigé un très haut niveau d’expertise. De jeunes diplômés de l’IUT de Génie Civil et d’écoles d’ingénieurs se sont ainsi vus confier des responsabilités importantes, souvent en binôme avec des experts plus chevronnés venus de métropole.
Ces profils qualifiés ont travaillé sur la conception des viaducs, le dimensionnement des fondations profondes, la modélisation des risques de glissements de terrain ou encore la gestion des eaux pluviales. Pour vous donner une image, coordonner ce chantier revenait un peu à diriger un orchestre symphonique où chaque spécialité technique joue sa partition, tout en restant parfaitement synchronisée. De nombreux techniciens de laboratoire ont également été mobilisés pour contrôler la qualité des bétons, des enrobés et des matériaux utilisés. Cet afflux de compétences a contribué à hisser le niveau d’expertise local en génie civil à celui des grands chantiers internationaux.
Emplois temporaires dans la logistique et l’approvisionnement des matériaux
Un chantier de cette ampleur ne repose pas seulement sur les ingénieurs et les ouvriers : la logistique et l’approvisionnement en matériaux constituent une colonne vertébrale souvent méconnue. La Route des Tamarins a généré de nombreux emplois temporaires dans le transport, la gestion des stocks, la manutention et la coordination des livraisons. Entre les carrières, les centrales à béton, les usines de fabrication de voussoirs et les bases-vie du chantier, un véritable réseau logistique s’est mis en place sur l’ensemble de l’ouest de l’île.
Chauffeurs poids lourds, caristes, magasiniers, planificateurs logistiques ont vu leur activité augmenter de manière significative. Les entreprises de transport locales ont bénéficié de contrats pluriannuels pour acheminer agrégats, ciment, acier, bitume et équipements de sécurité routière. Comme un “système sanguin” qui irrigue un organisme, ces flux de matériaux ont stimulé l’économie de secteurs parfois éloignés du cœur du chantier. Cette dynamique a également incité certaines sociétés à investir dans de nouveaux véhicules ou matériels, créant ensuite des besoins supplémentaires en maintenance et en emplois annexes.
Formation professionnelle des ouvriers qualifiés en ouvrages d’art
Pour répondre aux exigences techniques du projet, des programmes de formation professionnelle spécifiques ont été mis en place pendant plusieurs années. Environ 700 stagiaires ont ainsi pu se former à des métiers très recherchés : coffreur-bancheur, soudeur, grutier, conducteur d’engins, chef de chantier ou encore spécialiste en étanchéité de ponts. Ces formations, souvent cofinancées par la Région, l’État et les organismes de formation, ont permis à des demandeurs d’emploi de se reconvertir vers des emplois qualifiés et mieux rémunérés.
Cette montée en compétence ne s’est pas arrêtée à la livraison de la Route des Tamarins. Les ouvriers qui ont acquis une expertise en ouvrages d’art ont ensuite été mobilisés sur d’autres projets structurants de l’île, voire à l’extérieur de La Réunion. On peut comparer ce processus à un investissement éducatif à grande échelle : le chantier a servi de “salle de classe grandeur nature”, où la théorie était immédiatement mise en pratique sur le terrain. Pour vous, lecteur, qui vous interrogez peut-être sur les perspectives de carrière dans le BTP, l’exemple de la Route des Tamarins montre à quel point une grande infrastructure peut devenir un formidable levier de qualification et d’employabilité durable.
Emplois pérennes générés par l’exploitation et la maintenance routière
Une fois le ruban coupé, l’histoire de la Route des Tamarins ne s’est évidemment pas arrêtée. Comme toute infrastructure majeure, cet axe routier nécessite une exploitation quotidienne et une maintenance régulière, générant de nombreux emplois pérennes. Ces postes, souvent moins visibles que ceux du chantier, n’en sont pas moins essentiels pour garantir la sécurité des usagers et la longévité de l’ouvrage. Ils constituent aujourd’hui un socle d’emplois stables, implantés durablement dans l’ouest de La Réunion.
On distingue plusieurs grandes familles de métiers : agents d’entretien de la chaussée, techniciens de maintenance des équipements, personnels administratifs et équipes d’intervention rapide. Ensemble, ils forment une chaîne de compétences qui veille 24h/24 sur la fluidité du trafic et la sécurité routière. Si vous empruntez régulièrement la Route des Tamarins, vous bénéficiez quotidiennement du travail de ces professionnels, souvent dans l’ombre mais indispensables au bon fonctionnement de l’axe.
Postes d’agents d’entretien et de surveillance de la chaussée
Les agents d’entretien constituent la première ligne de défense contre la dégradation de l’infrastructure. Leur mission : inspecter régulièrement la chaussée, les accotements, les dispositifs de retenue et les ouvrages hydrauliques pour détecter la moindre anomalie. Nids-de-poule, fissures, glissements de terrain, végétation envahissante : rien ne doit leur échapper. Ces postes, souvent rattachés aux services routiers de la Région ou à des entreprises prestataires, offrent des emplois stables et ancrés localement.
En parallèle, des équipes de surveillance circulent de jour comme de nuit pour repérer les obstacles sur la route, les débris après accident ou les dégradations liées aux conditions météorologiques. Dans un contexte insulaire où les épisodes de fortes pluies et de cyclones sont fréquents, cette vigilance est cruciale. Ces métiers requièrent à la fois une bonne condition physique, un sens aigu de l’observation et une grande réactivité. Vous vous demandez peut-être qui intervient si un éboulement survient en pleine nuit ? Ce sont précisément ces équipes qui se mobilisent en première intention.
Techniciens en maintenance des équipements de sécurité routière
Au-delà de la chaussée elle-même, la Route des Tamarins est équipée de nombreux dispositifs de sécurité : glissières en acier, panneaux de signalisation, éclairage, systèmes de surveillance, équipements de télécommunication routière. Tous ces équipements nécessitent l’intervention régulière de techniciens de maintenance spécialisés. Ces derniers effectuent des contrôles préventifs, programment les opérations de réparation et veillent à la conformité réglementaire des installations.
Ces emplois techniques, souvent qualifiés, mobilisent des compétences en électricité, automatisme, électronique ou informatique industrielle. L’essor de la “route intelligente”, avec des capteurs et des systèmes d’alerte connectés, renforce encore ces besoins. On assiste ainsi à une forme de convergence entre le monde du BTP traditionnel et celui des nouvelles technologies, ouvrant des perspectives intéressantes pour les jeunes techniciens réunionnais. Pour l’économie locale, la Route des Tamarins fonctionne un peu comme un “laboratoire” où se déploient ces nouveaux métiers de la mobilité et de la sécurité routière.
Personnel administratif et de gestion du réseau routier
Derrière la gestion quotidienne de la Route des Tamarins se cache également tout un ensemble de fonctions administratives et de pilotage. Des gestionnaires de réseau, des responsables de programmation des travaux, des agents de marchés publics ou encore des chargés de communication sont mobilisés pour assurer le suivi financier, juridique et organisationnel de l’ouvrage. Sans eux, impossible de planifier efficacement les opérations de maintenance ou de coordonner les différents prestataires.
Ces postes, souvent basés au sein des services de la Région ou de la Direction des Routes, constituent des emplois pérennes dans la fonction publique territoriale ou dans les sociétés concessionnaires. Ils nécessitent des compétences en gestion de projet, en comptabilité publique, en droit des marchés ou en management d’équipes. Pour les jeunes diplômés en administration publique ou en management des infrastructures, la Route des Tamarins représente un terrain d’application concret et stimulant. C’est un peu comme gérer une entreprise à ciel ouvert, avec des milliers de “clients” utilisateurs chaque jour.
Équipes d’intervention rapide et services d’urgence dédiés
La sécurité des usagers repose aussi sur la capacité à intervenir rapidement en cas d’accident, de panne ou d’événement climatique majeur. Des équipes d’intervention rapide, parfois issues de sociétés spécialisées, sont ainsi prépositionnées sur l’axe ou à proximité. Elles disposent de véhicules équipés pour la signalisation, le balisage et l’assistance aux usagers. Ces équipes travaillent en étroite collaboration avec les forces de l’ordre, les sapeurs-pompiers et le SAMU.
Cette organisation spécifique a conduit à la création et à la consolidation d’emplois dans les services d’urgence et de sécurité routière de l’ouest de l’île. Des centres de régulation du trafic, parfois mutualisés avec d’autres axes, surveillent en temps réel la circulation et déclenchent les interventions nécessaires. Pour les professionnels de la sécurité civile, la Route des Tamarins impose des protocoles particuliers, du fait des viaducs, des zones escarpées et de la forte fréquentation de l’axe. Là encore, l’infrastructure a structuré un véritable écosystème de métiers spécialisés.
Dynamisation du secteur touristique dans l’ouest réunionnais
Au-delà des emplois directement liés à la route, la mise en service de la Route des Tamarins a profondément transformé le paysage touristique de l’ouest de La Réunion. En réduisant les temps de trajet et en sécurisant les déplacements, elle a rendu les stations balnéaires bien plus accessibles pour les habitants comme pour les visiteurs venus de métropole ou de l’étranger. Résultat : une fréquentation en hausse et une demande accrue en hébergements, restauration et activités de loisirs.
On estime que plusieurs milliers d’emplois indirects ont été confortés ou créés dans le secteur touristique depuis 2009, notamment à Saint-Gilles-les-Bains, Saint-Leu, Trois-Bassins et l’Étang-Salé. Vous l’avez sans doute constaté si vous fréquentez la côte ouest : de nouveaux hôtels, gîtes, restaurants et prestataires d’activités ont vu le jour ou ont développé leur capacité d’accueil. La Route des Tamarins a ainsi joué le rôle de “colonne vertébrale” touristique, reliant plus facilement les plages, les sites naturels et les hébergements.
Développement hôtelier à Saint-Gilles-les-Bains et Trois-Bassins
Saint-Gilles-les-Bains, déjà considérée comme la principale station balnéaire de l’île, a bénéficié d’un véritable effet d’aubaine. L’amélioration de l’accessibilité depuis le nord et le sud de l’île a encouragé l’ouverture ou la rénovation d’établissements hôteliers de différentes gammes : résidences de tourisme, boutiques-hôtels, chambres d’hôtes et hôtels de chaîne. Chaque nouvelle structure implique la création d’emplois dans la réception, le housekeeping, la maintenance, la sécurité et la gestion.
Trois-Bassins, longtemps plus discrète, a aussi vu se développer une offre d’hébergements de charme et de locations saisonnières. Pour les investisseurs, la Route des Tamarins a réduit le “risque d’éloignement” qui pesait sur certains sites encore peu fréquentés. On peut comparer cet effet à l’ouverture d’une nouvelle station de métro dans un quartier : dès que l’accessibilité s’améliore, les projets immobiliers et touristiques se multiplient. Pour l’emploi local, cela se traduit par des recrutements directs mais aussi par des besoins accrus en sous-traitance (blanchisserie, entretien des espaces verts, sécurité privée, etc.).
Création de postes dans la restauration et les services touristiques
Avec l’afflux de visiteurs supplémentaires, la restauration a été l’un des premiers secteurs à ressentir l’impact positif de la Route des Tamarins. Restaurants de plage, snacks, food-trucks, bars à ambiance, glaciers : l’offre s’est diversifiée et densifiée, notamment le long du littoral ouest. Chaque établissement mobilise des cuisiniers, serveurs, barmans, commis, plongeurs, gestionnaires de salle, autant de postes souvent accessibles avec des niveaux de qualification variés.
Les services touristiques connexes ont également gagné en importance : agences de voyages locales, opérateurs d’excursions, sociétés de transport touristique, photographes, organisateurs d’événements. Pour beaucoup de jeunes actifs, ces métiers représentent une porte d’entrée attractive sur le marché du travail, avec des possibilités d’évolution vers des postes de management ou d’entrepreneuriat. Vous envisagez de créer une activité liée au tourisme ? L’expérience de l’ouest réunionnais montre que l’accessibilité routière est un critère clé à prendre en compte dans votre stratégie.
Guides touristiques et professionnels de l’écotourisme à l’Étang-Salé
L’Étang-Salé, situé à l’une des extrémités de la Route des Tamarins, a vu se développer une offre écotouristique originale autour de sa forêt domaniale, de sa plage de sable noir et de ses sentiers de randonnée. Des guides touristiques, accompagnateurs en montagne et animateurs nature proposent désormais des visites guidées, des balades commentées et des ateliers de sensibilisation à la biodiversité. Ces emplois combinent compétences naturalistes, sens de la pédagogie et maîtrise des langues étrangères.
Les professionnels de l’écotourisme ont su tirer parti de la visibilité accrue offerte par la route pour attirer une clientèle en quête d’expériences authentiques et respectueuses de l’environnement. Pour les communes, cela se traduit par des retombées économiques directes (taxes de séjour, dépenses des visiteurs) et par la création de micro-entreprises locales. À bien des égards, la Route des Tamarins a servi de “passerelle” entre les zones urbaines et ces espaces naturels, rendant possible le développement d’un tourisme plus durable et mieux réparti sur le territoire.
Emplois dans les loisirs nautiques et activités balnéaires
Les plages de l’ouest, plus facilement accessibles grâce à la Route des Tamarins, ont vu se renforcer les activités nautiques et balnéaires : plongée sous-marine, sorties en bateau, observation des cétacés, surf, paddle, kayak de mer. Chaque club de plongée, chaque base nautique ou centre de loisirs emploie des moniteurs diplômés, des hôtesses d’accueil, des techniciens de maintenance de matériel ou des capitaines de bateaux.
Ces emplois, souvent saisonniers au départ, tendent à se pérenniser avec la montée en puissance de la fréquentation touristique tout au long de l’année. Ils contribuent aussi à valoriser des compétences spécifiques au territoire réunionnais, comme la connaissance du lagon, de la faune marine ou des conditions de houle particulières de l’océan Indien. Pour les jeunes passionnés de mer, la Route des Tamarins a donc indirectement ouvert des perspectives professionnelles qui, auparavant, restaient limitées par les difficultés d’accès et la moindre fréquentation de certains spots.
Expansion commerciale et logistique facilitée par l’axe routier
La Route des Tamarins ne bénéficie pas qu’au tourisme : elle a profondément remodelé la carte commerciale et logistique de La Réunion. En améliorant la connexion entre le nord, le sud et l’ouest, elle a réduit les coûts de transport, fluidifié les livraisons et agrandi les bassins de clientèle des entreprises. Pour les enseignes de la grande distribution, les commerces de détail ou les industriels, cet axe représente un véritable “corridor logistique” qui sécurise et accélère les flux de marchandises.
Cette nouvelle donne a encouragé l’implantation de zones d’activités économiques, l’extension de plateformes logistiques et l’ouverture de magasins dans des communes auparavant jugées trop éloignées ou mal desservies. Pour l’emploi, l’effet est double : des créations directes dans la logistique et la distribution, mais aussi des opportunités dans les services associés (maintenance, sécurité, nettoyage, restauration d’entreprise). Là encore, on mesure à quel point une route peut devenir un levier de transformation économique bien au-delà de sa seule fonction de transport.
Implantation de zones d’activités économiques à ravine des cabris
Parmi les secteurs ayant bénéficié de l’amélioration du réseau routier, la région de Ravine des Cabris se distingue par le développement de zones d’activités économiques. La meilleure connexion avec l’ouest et le sud a rendu ce secteur particulièrement attractif pour les entreprises en quête de foncier disponible et de bonne accessibilité. Des PME industrielles, des ateliers artisanaux, des entrepôts et des sièges de sociétés de services s’y sont installés ou agrandis.
Chaque nouvelle implantation s’accompagne de recrutements : ouvriers de production, employés administratifs, commerciaux, agents de maintenance, etc. On observe également une montée en puissance des emplois de proximité autour de ces zones, comme les commerces de bouche, les stations-service ou les services de garde d’enfants destinés aux salariés. Pour les habitants de Ravine des Cabris et des environs, la Route des Tamarins a donc contribué indirectement à rapprocher les emplois de leur lieu de vie, réduisant ainsi les temps de trajet domicile-travail.
Emplois dans la distribution et le commerce de détail
L’amélioration de la desserte routière a aussi encouragé l’ouverture de nouvelles surfaces commerciales dans l’ouest et le sud-ouest de l’île. Centres commerciaux, grandes enseignes spécialisées, supermarchés de proximité : l’offre s’est étoffée et diversifiée, afin de répondre à une demande en hausse dans les communes désormais mieux connectées. Chaque ouverture génère plusieurs dizaines d’emplois, que ce soit en caisse, en rayon, en logistique interne, en sécurité ou en management de magasin.
Les commerces de détail situés le long des anciens axes, comme la route du littoral, ont certes connu une période d’incertitude au moment de l’ouverture de la Route des Tamarins. Certains craignaient une baisse durable de la fréquentation. Mais, comme le témoignent plusieurs commerçants de La Saline ou de la côte ouest, la diminution du trafic a finalement rendu la circulation plus fluide et les arrêts plus agréables pour les clients. Un caviste évoquait ainsi une clientèle qui “peut s’arrêter tranquillement pour acheter sa baguette ou une bouteille”, preuve que l’impact commercial d’une nouvelle route n’est pas toujours aussi linéaire qu’on pourrait l’imaginer.
Développement des plateformes logistiques et entrepôts
Pour les acteurs de la grande distribution, de l’e‑commerce naissant et de l’industrie, la Route des Tamarins a été un atout stratégique pour optimiser leurs chaînes logistiques. Des plateformes de stockage, des dépôts de grossistes et des entrepôts de transit ont été renforcés ou créés à proximité des échangeurs majeurs. Ces sites, souvent situés à l’écart des centres-villes mais au plus près de l’axe routier, emploient des préparateurs de commandes, caristes, gestionnaires de stocks, responsables de quai et chauffeurs-livreurs.
Cette structuration logistique contribue à réduire les délais de livraison vers les différents points de vente de l’île, tout en améliorant la fiabilité des approvisionnements. Pour l’emploi réunionnais, il s’agit d’un gisement de postes qualifiés ou semi-qualifiés, souvent accessibles via des formations courtes (titres professionnels logistique, CACES, etc.). Si vous envisagez une carrière dans la logistique, la présence de la Route des Tamarins et des zones d’activités associées constitue un avantage certain en termes de débouchés professionnels.
Retombées indirectes sur l’emploi dans les communes desservies
Au‑delà des secteurs directement liés à la route, la Route des Tamarins a eu des retombées indirectes sur l’ensemble du tissu socio-économique des communes qu’elle dessert. En réduisant les temps de trajet et en facilitant les déplacements, elle a élargi les bassins d’emploi, permettant à davantage de Réunionnais d’accéder à des opportunités professionnelles éloignées de leur domicile. Ce gain de mobilité s’est aussi traduit par une attractivité résidentielle accrue pour certaines communes de l’ouest et des hauts.
Les effets se font sentir dans les services publics locaux, l’immobilier, la construction résidentielle, mais aussi dans le développement des professions libérales et des services aux entreprises. On peut imaginer la Route des Tamarins comme une “épine dorsale” le long de laquelle se sont greffées de multiples activités nouvelles ou renforcées. Pour les collectivités, l’enjeu consiste désormais à accompagner cette dynamique par des politiques d’aménagement équilibrées, afin que les bénéfices en termes d’emploi profitent au plus grand nombre.
Croissance démographique et emplois dans les services publics locaux
L’amélioration de l’accessibilité a rendu certaines communes plus attractives pour l’habitat, notamment dans les mi-pentes et les zones périurbaines. Cette croissance démographique, parfois soutenue, a entraîné des besoins accrus en services publics : écoles, crèches, centres de santé, équipements sportifs et culturels. La création ou l’extension de ces équipements a généré de nombreux emplois dans l’éducation, la petite enfance, l’animation, la santé et l’administration territoriale.
Instituteurs, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM), infirmiers, médecins, éducateurs sportifs, bibliothécaires : autant de professions qui se sont développées dans les communes mieux desservies par la Route des Tamarins. Pour les habitants, cela signifie à la fois plus de services de proximité et davantage d’opportunités professionnelles à quelques minutes de chez eux. Peut-on imaginer aujourd’hui l’ouest de La Réunion sans cette colonne vertébrale routière qui a rendu possibles ces évolutions ? La réponse montre bien l’ampleur des transformations à l’œuvre depuis 2009.
Secteur immobilier et postes dans la construction résidentielle
La hausse de l’attractivité résidentielle a également stimulé le marché immobilier et la construction de logements. Promoteurs, lotisseurs, bailleurs sociaux et particuliers ont multiplié les projets de maisons individuelles, de résidences collectives ou de programmes mixtes dans les communes reliées ou rapprochées par la Route des Tamarins. Chaque chantier résidentiel mobilise des maçons, charpentiers, électriciens, plombiers, peintres, mais aussi des architectes, géomètres et économistes de la construction.
Cette dynamique a contribué à soutenir le secteur du bâtiment au‑delà de la seule phase de construction de la Route des Tamarins. Elle a également entraîné une hausse de la demande en services liés à l’habitat : agences immobilières, entreprises de rénovation, sociétés de gestion de copropriété. Pour les professionnels du bâtiment, la route a donc fonctionné comme un “accélérateur de projets” en rendant de nouveaux secteurs constructibles ou plus attractifs pour les ménages et les investisseurs.
Développement des professions libérales et services aux entreprises
Enfin, la meilleure connexion entre les différentes communes a favorisé l’implantation et le développement de professions libérales et de services aux entreprises dans l’ouest de l’île. Avocats, experts-comptables, consultants, bureaux d’études, agences de communication ou de marketing digital : de plus en plus de structures choisissent de s’installer en dehors de Saint-Denis, tout en restant facilement accessibles grâce à la Route des Tamarins. Cela contribue à une meilleure répartition géographique des emplois qualifiés sur le territoire.
Les entreprises locales bénéficient ainsi d’un écosystème de services plus riche à proximité, sans devoir systématiquement se tourner vers la capitale administrative. Pour vous, chef d’entreprise ou porteur de projet, cette “décentralisation” des compétences est un atout précieux, réduisant les coûts et les temps de déplacement pour vos rendez-vous professionnels. Au final, la Route des Tamarins apparaît comme bien plus qu’une simple infrastructure de transport : elle est devenue un véritable moteur de diversification économique et de création d’emplois à La Réunion, dont les effets se prolongent encore aujourd’hui.